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Saïdou Bandé : Le concentré d’expériences

 

Ancien champion national de boxe, ex-menuisier-coffreur, ex-commis pointeur, artiste comédien de cinéma et de théâtre, joueur de flûte et de gonie, praticien de la danse contemporaine, ancien modeleur de bronze et toujours vendeur d’objets d’art à la vitrine de bronze à Ouagadougou, Saïdou est un sage bien accompli. A 64 ans, les cheveux bien blanchis, il est toujours un homme très actif.

 

Saïdou Bandé dispose d’un magasin à la vitrine du bronze depuis l’ouverture de cet espace en décembre 1999. Il est dans ce domaine depuis les années 1970. Il fut le président des artisans de la vitrine du bronze de 2000 à 2010. Du haut de ses 40 ans d’expériences, le vieux Bandé estime que les réalités dans ce milieu ont profondément changé. Heureusement, le vieux Bandé, comme on l’appelle ne vit pas que de la vente d’objets d’art où le marché est de plus en plus saturé.

 

Le 12e SIAO approche à grand pas, tous les artisans s’apprêtent à tirer profit de cette biennale artisanale, mais Bandé n’a pas pris de stand pour l’occasion. « Le coût est exorbitant, ce n’est pas non plus un lieu pour vendre », souligne-t-il. En plus de la vente, il modelait aussi le bronze. Il a dû arrêter cette activité sur insistance de sa belle mère. « Ce n’est pas le travail d’un peulh », disait-elle en permanence. Et depuis lors, il se contente de la vente des bijoux, des masques, de statuettes et bien d’autres objets d’art.

 

Saïdou Bandé est occupé en permanence. Exit la vente d’objets d’art, il est comédien. Dans ce cadre, il a joué dans plus d’une dizaine de films burkinabè et africain (l’épopée des mossé, Silmandé, la vie commune ou encore le petit soldat…). Très vite, Bandé s’intègre dans ce milieu pour avoir fait le théâtre à l’école. On le retrouve aussi dans plusieurs spots publicitaires et quelques clips musicaux.

 

Saïdou Bandé est né le 18 septembre 1946 à Koudougou d’un père officiant dans l’administration coloniale ». A sa retraite, il retourne dans son Kombissiri natal. Une entreprise de construction de route recrute le jeune Saïdou comme commis pointeur grâce à un sénégalais résidant dans la cour de son père. Par la suite, l’entreprise se délocalise à Zorgho et Saïdou avec. A la fin des travaux, le sénégalais propose à Saïdou d’apprendre un métier. Lui-même étant menuisier-coffreur. Il exerceront alors ce métier jusqu’à ce que l’amour de la boxe vienne l’y extirper. Très rapidement, Saïdou Bandé devient champion de boxe de la Haute Volta en 1964. En 1966, il va à Paris pour un mois de stage, puis en Côte d’Ivoire où on lui propose d’y rester.

 

Bandé n’y voit aucune importance. Il est donc de retour dans sa Haute Volta natale. En 42 sorties officielles, Bandé n’a perdu que deux combats dont la toute première fois qu’il montait sur le ring. Il pratique le noble art jusqu’en 1969-1970. Il souhaite passer d’amateur à professionnel mais le ministre de l’époque refuse arguant qu’il n’y aura personne pour assurer la formation des jeunes. Aussi, nouvellement marié, sa femme ne supporte pas de le voir pratiquer ce sport. Elle lui demande de choisir entre elle et la boxe. Le choix est difficilement fait. Bandé arrête alors la boxe. Son meilleur souvenir est incontestablement son premier sacre au championnat national de boxe en 1964. L’adversaire étant un boxeur expérimenté, cette victoire a surpris jusqu’à son entraineur.

 

Bandé a aussi fait un tour au musée national comme restaurateur d’objets d’art grâce au président de la fédération voltaïque de boxe qui était à l’époque le directeur du musée. C’est d’ailleurs là qu’il tombe amoureux de l’art. L’atmosphère se dégradant, il quitte le musée national et ouvre son propre magasin.

 

Le vieux Bandé est un assoiffé du savoir. Il fait aussi de la musique. Il joue à la flûte et au gonie. Grâce à la flûte, il participe à un festival en Belgique en 2005. Il expérimente également la danse contemporaine. C’est d’ailleurs de là que naquit son amour pour la flûte.

 

A 64 ans, Saïdou Bandé se dit révolté par le comportement de la jeunesse. « Les jeunes d’aujourd’hui aiment la facilité », s’alarme-t-il. Il ne manque pas de dire à ses fils et petits-fils : « vraiment, vous me faites pitié ». Le sexagénaire toujours physiquement bien solide ne semble pas prêt de se reposer. Souhaitons lui encore beaucoup de force et de ténacité pour poursuivre sa mission, ce n’est pas le courage qui lui manque.

 

source  Lefaso.net



20/10/2010
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