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« Wend Mi » : Et de trois pour Floby

 

Après deux albums bien enlevés, « Mam soore » et « Wilgui maam », l’artiste musicien burkinabè, Florent Belemyegré alias Floby, revient avec un 3e opus baptisé « Wend Mi » (Dieu seul sait). Après des interrogations restées sans réponse sur l’avenir, l’enfant de Andemtinga, localité située à plus d’une centaine de kilomètres à l’est de Ouagadougou d’où il est originaire, s’en remet finalement à Dieu pour le guider. Opus de belle facture, sinon même de meilleure facture que les deux premiers, « Wend Mi » sera lancé le samedi 30 juin prochain au Stade du 4 août à travers un concert grandiose auquel prendront part bien d’autres artistes. A deux jours du concert, nous l’avons rencontré au jardin de la musique Reem Dogo, où entouré de ses instrumentistes, il faisait les derniers réglages. L’album est un véritable chef d’œuvre à découvrir. Dans cette interview, il présente son « nouveau bébé », évoque les souvenirs de son enfance et parle de ses relations avec ses fans.

 

 

Vous mettrez le samedi prochain sur le marché discographique votre 3e album. Pouvez-vous nous le présenter ?


Le titre de l’album est « Wend Mi » (seul Dieu sait). Ce titre est une suite logique de mes deux précédents albums. Le premier, qui est sorti le 30 juin 2006, avait pour titre « Mam Soore » (en français, mon itinéraire) parce que j’avais mis beaucoup de temps à chercher mon itinéraire. Après l’avoir trouvé, je ne savais pas ce qui m’attendait dans le futur. C’est la raison pour laquelle le 2e opus s’est appelé « Wilgui Maam », (montrez-moi). Mais cette requête est restée sans réponse parce que personne, jusqu’aujourd’hui, n’a pu me dire comment sera le futur. Je me suis donc dit que seul Dieu pourra me le dire. C’est pour cela que l’album est baptisé « Wend Mi » (Dieu seul sait). C’est un opus de 14 titres que je mets sur le marché. Il comporte plusieurs colorations nationales comme internationales.

 

Pourquoi avoir choisi d’organiser un concert pour lancer votre 3e album alors que d’autres animent juste des conférences de presse à ces occasions ?

 

 

C’est dans mes habitudes de lancer mes albums à travers des concerts. C’était le cas pour le premier opus. Pour le second, j’ai organisé un concert à un mois après la sortie de l’album. Pour cette fois, nous voulons placer la barre très haut et faire parler de la musique burkinabè dans d’autres contrées. C’est pour cela que nous nous sommes lancé le défi de tenir le concert au Stade du 4 août. Parce qu’il n’est pas facile pour un artiste de le faire à cause du coût et de la logistique qu’il faut pour cela. Mais avec le concours de bonnes volontés, des amis et fans, nous avons réussi à organiser notre concert dans ces lieux. Le Stade appartient avant tout aux Burkinabè et c’est la raison pour laquelle j’invite les mélomanes à y venir pour le concert. Vous organisez un concert pour le lancement de votre album. Que prévoyez-vous à la suite du concert pour promouvoir l’album ? Après ce grand concert qui aura lieu le 30 juin prochain au Stade du 4 août, nous allons organiser une tournée au Burkina Faso et dans des pays de la sous région selon un calendrier bien défini. En août, je serai aux Etats-Unis pour la sortie de l’album.

 

 

Etes-vous vraiment sûr de faire le carton plein au Stade du 4 août ?


Mon objectif n’est pas de faire le carton plein au Stade du 4 août. Mais de réussir le pari d’organiser un concert dans ces lieux. Parce qu’il n’est pas facile d’organiser un concert dans ce Stade. J’ai décidé de le faire et je suis sûr que le public sera du rendez-vous.

 

 

Pour le concert, vous avez invité d’autres artistes dont Founi Faya. Sera-t-il vraiment de la partie ?


Founi Faya est un aîné pour qui j’ai beaucoup d’estime et de considération. Il m’a donné des conseils au tout début de ma carrière. Mais comme on le dit : « l’homme propose et Dieu dispose ». La situation qu’il a vécue peut arriver à tout le monde. Je suis content aujourd’hui de voir Founi Faya revenir sur la scène. Et j’ai décidé de l’inviter spécialement pour l’occasion. Je vous assure qu’il est en pleine forme et qu’il promet une prestation grandiose à ceux qui seront au stade. Dans une de vos chansons, vous vous érigez visiblement contre l’homosexualité. N’avez-vous pas peur de perdre certains fans ? Je n’ai pas vraiment analysé le sujet sous cet angle en composant la chanson. Je dis dans ce morceau que « l’eau de la pluie ne coule pas par hasard ». C’est comme si un garçon s’adressait à l’élu de son cœur en ces termes : « Je ne t’ai pas choisie par hasard ». Mais en disant que deux garçons ne doivent pas s’embrasser ou que deux filles ne doivent pas non plus le faire, je me réfère à ma tradition. Parce que depuis ma naissance, je ne connais que les couples hétérosexuels.

 

L’homosexualité est interdite dans ma tradition. Et je suis convaincu que quel que soit ce que la fille fait, elle finira dans les mains d’un homme. C’est en gros l’idée de la chanson. C’est la 2e fois qu’on me pose la question aujourd’hui. Je voudrais qu’on sache que je ne m’attaque pas à qui que ce soit dans cette chanson.

 

De conditions sociales difficiles, Floby est aujourd’hui adulé par les mélomanes. Peut-on dire que vous avez rencontré le succès ? Pour moi, le succès ne signifie pas d’avoir des millions, une grosse voiture ou une belle maison. Mais pour moi, il s’agissait de réaliser un rêve que je nourrissais depuis mon enfance : pouvoir m’exprimer par la musique. Pour cela, je peux vous dire que j’ai connu le succès dès la sortie de mon premier album car il était la matérialisation de ce rêve. J’ai passé six ans dans la rue avant de pouvoir faire la musique. Et ceux qui me jetaient la pierre sont aujourd’hui fiers de moi parce qu’ils ont compris que je n’avais pas tort. Cela est pour moi un grand succès. Six ans déjà de carrière musicale. Quel bilan tirez-vous de ce parcours ? Je ne suis pas riche mais je suis un homme comblé. Faire la musique est un rêve fou que j’avais depuis l’enfance. Il est devenu une réalité. J’ai eu la chance de jouer sur plusieurs podiums dans différents pays. Mais, en réalité, je ne venais pas à la musique pour cela. C’était juste pour pouvoir m’exprimer et être écouté. La musique est devenue aujourd’hui mon gagne-pain. Et Dieu merci pour cela.

 

 

Quel est aujourd’hui l’agenda sentimental de Floby ?


Je suis fiancé et père d’une petite fille.

 

 

Il se raconte également que ton téléphone ne cesse de sonner. Ce sont souvent des filles qui vous disent des mots doux. Comment gérez-vous tout cela ?


C’est en réalité. Mais sans elles, je n’existe pas. Parce qu’un artiste sans fans, n’en est pas un. Je ne peux pas dire aux gens de ne pas m’appeler. C’est à moi de gérer tout cela et rester aimable. Parce que sans toutes ces personnes, femmes, garçons, qui m’appellent ou m’envoient des messages, je ne peux pas vivre. Ils sont ma force et mon inspiration. Et pour preuve, faites un tour chez moi, et vous verrez que c’est un ghetto complet.

Je remercie tous mes fans pour leur soutien. Je demande également leurs bénédictions pour aller de l’avant. Car mon souhait est qu’un artiste burkinabè arrive à se faire vendre à l’étranger à l’instar des musiciens d’autres pays de la sous région.

 

Jacques Théodore Balima

Source: Lefaso.net




29/06/2012
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