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Les Ruines de Loropéni sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité

 

Vestige archéologique daté, selon les recherches qui se poursuivent, du XI è siècle, les Ruines de Loropéni ont été inscrites le 26 juin 2009 par l’UNESCO, sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité. A partir de cette date, le site des Ruines n’a de cesse d’accueillir des visiteurs, notamment des touristes, des chercheurs, des autorités politiques qui, pour une raison ou une autre, se retrouvent dans la région du Sud-ouest dont le chef-lieu est Gaoua. De ce chef-lieu, la Commune rurale de Loropéni est à 47 Km et à 430 Km de Ouagadougou.

 

 

L’inscription sur la liste du Patrimoine mondiale de l’humanité consacre en effet, la valeur universelle d’un bien culturel ou naturel afin qu’il soit protégé au bénéfice de toute l’humanité. C’est ainsi que depuis le 26 juin 2009, notre pays a pris l’engagement d’entretenir, et mieux, de protéger les Ruines de Loropéni devenues la propriété de la communauté mondiale. Cette protection devra permettre au site archéologique de garder son état de depuis l’inscription tout en étant accessible aux visiteurs. Si visiblement, les Ruines conservent encore leur état, il reste que leur protection s’impose. De plus, beaucoup de questions sur les Ruines sont encore sans réponse ; le site ne pouvant jusque-là accueillir des chercheurs à même de mener des études archéologiques approfondies afin d’apporter des réponses appropriées. Toutefois, et à en croire le Premier ministre Luc Adolphe Tiao, 2013 verra les efforts de l’Etat central sur ce site.

 

Après avoir relevé que « ces Ruines confirment que l’Afrique a regorgé, il y a plus d’un millénaire, de scientifiques et de savants », le Chef du gouvernement a exprimé la nécessité qu’il y a à protéger ce site, notamment pour éviter de causer du tort aux générations futures. Dans ce sens, a confié Luc Adolphe Tiao, « le gouvernement s’engage pour tous les investissements nécessaires pour valoriser le site et en faire un pôle touristique dont les retombées vont booster le développement de la Commune de Loropéni ». Et de préciser, « nous avons inscrit 3 000 000 000F CFA sur les trois années à venir pour faire tous les investissements nécessaires ». « Déjà cette année, les premiers bâtiments vont pousser ici à Loropéni », a-t-il ajouté.

 

Tout en espérant que « ce site va devenir un pôle de croissance pour Loropéni », le Premier ministre a invité, et les scientifiques et l’ensemble des Burkinabè, à s’intéresser aux Ruines de Loropéni. En effet, dira Luc Adolphe Tiao, « il faut maintenant que nos scientifiques s’investissent d’abord pour préserver tout ce bloc de pierres que nous avons vu, ensuite nous donner les réponses auxquelles tout le monde s’attend ». Pour lui, il est temps que ces Ruines soient suffisamment expliquées et qu’on sache ce à quoi elles ont servi.

 

« ces Ruines montrent vraiment l’ingéniosité du peuple Burkinabè, parce que je suis sûr et certain qu’elles ont été construites par nos ancêtres ».

 

La visite du Premier ministre a été guidée par l’archéologue Lassina Simporé, directeur des sites burkinabè classés au patrimoine mondial. Juste avant la visite à proprement parler, l’archéologue a tenu à faire une présentation théorique du site. Il s’agit, a indiqué Dr Simporé, d’une muraille de quatre côtés à grosse épaisseur de 1,40 m à la base dont la hauteur n’est pas uniforme et qui se réduit progressivement à 25 cm au sommet. L’intérieur de cette muraille fait 1,100 ha et toute la superficie protégée dans laquelle elle se trouve, s’étale sur 278 ha où l’environnement ne doit aucunement être touché depuis l’inscription sur la liste du patrimoine mondial. Néanmoins, et sur autorisation de l’UNESCO, des infrastructures administratives et d’accueil seront réalisées à des centaines de mètres des Ruines, a confié M. Simporé qui relève aussi qu’en principe, les engins à moteur ne doivent pas venir jusqu’à côté de la muraille.

 

La visite guidée, mais surtout explicative a conduit le Premier ministre de l’extérieur à l’intérieur des Ruines. En bordant les murs, Dr Simporé laisse entendre « nous n’avons plus de problème de stabilisation sur les quatre murs depuis 2010 » grâce notamment aux efforts de protection fournis par le comité de gestion du site. En effet, ce comité fait de la sensibilisation à l’endroit des populations riveraines relativement à la protection du site. « Nous avons effectué quelques constructions pour empêcher les bœufs d’entrer à l’intérieur », a aussi relevé Dr Simporé.

 

Une des curiosités sur les Ruines, c’est, selon l’archéologue, « qu’on ne sait comment ceux qui ont construit ces murs y entraient, ni comment ils en sortaient », car ne comportant pas de portes.

Arrivé à l’intérieur (divisé visiblement en compartiments) avec sa suite en passant par une partie assez basse des murs, Dr Simporé confie « on a découvert des murs enfouis dans la cour ; ce qui montre que le milieu a été habité une première fois, puis abandonné ; ce qu’on voit, c’est la deuxième construction ».

 

Parlant de la végétation qu’entourent ces quatre murs, l’archéologue indique qu’il n’y a pas d’espèces d’arbre importées comme les manguiers, nîmes, goyaviers ; les raisons à cet état de fait sont encore à chercher. Et c’est à partir de ces arbres à l’intérieur, morts et vivants et au moyen de la technique de dendrologie que deux siècles de végétation ont été identifiés dans les Ruines, a expliqué Dr Simporé.

 

Des questionnements

Au regard des pierres avec lesquelles la muraille a été bâtie, l’archéologue note penser qu’il y a eu une industrie métallurgique qui taillaient ces pierres et sans doute aussi que ce sont des ingénieurs qui l’ont construite, sous certainement la coordination d’un genre commandant en chef, d’une manière très bien pensée de sorte que plus de mille ans après, elle ne s’écroule pas. Et pour lui, toutes ces hypothèses méritent d’être vérifiées.

 

 

Autres questionnements qui invitent à la réflexion, se rapportent, selon Dr Simporé, à « Qui a construit ces Ruines ? Quand est-ce qu’on a construit ces Ruines ? Pourquoi elles ont été construites ? ». Et jusqu’à présent, on ne sait pas si ces Ruines ont servi de lieu de sécurité, de marché de mines, ou de marché d’esclaves.

 

Les premiers écrits sur les ruines de Loropéni, œuvres de l’armée française, datent de 1905, à en croire l’archéologue Simporé.

 

Dr Simporé dit déplorer le fait que le comité de gestion du site ne dispose pas encore d’une autonomie budgétaire ; cette situation ne favorisant pas la mise en œuvre de certaines activités de protection qui s’avèrent pourtant urgentes. En effet, précise l’archéologue, pour toute activité sur le site, la loi de finances impose de recourir à la procédure d’appel d’offre. De plus, il n’y a pas encore dans notre pays « tout le personnel qu’il faut pour gérer un site du patrimoine mondial ». Néanmoins, il y a deux guides natifs de Loropéni qui ont été rejoints par deux autres mis à la disposition du site par le ministère de la Culture et du tourisme. Et ces guides n’ont même pas de sièges pour s’asseoir, à en croire Dr Simporé.

 

Le site n’a pas encore d’ordinateurs propres ; et les données y relatives sont stockées dans des machines personnelles. Ce qui est dangereux pour la mémoire du site. De plus, et toujours au titre des contraintes, Dr Simporé dira, « il y a 864 biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial, et Loropéni est le seul site sur cette liste qui n’a pas encore de moyens de déplacement ».

Mais l’archéologue espère que les choses iront mieux. « Nous avons des promesses, des engagements de l’Etat qui nous encourage ; en attendant, on jongle », a-t-il conclu.

 

Fulbert Paré

sOURCE: Lefaso.net



07/02/2013
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