INFORMATION, CULTURE, DICTION, VALEURE MORALE AFRICAINE

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La communauté catholique

A Saponé la communauté catholique est très importante, du fait de l’implantation de la Mission catholique en 1942.

 

Alors que des Missions catholiques s’installaient dans de nombreux villages, dans le but d’évangéliser les colonies françaises, ce qui était le plus souvent perçu comme de l’impérialisme (travaux forcés...), ce fut le Naaba GOGHO lui-même qui demanda aux missionnaires de venir d’installer à Saponé. Le Naaba avait rencontré les Pères Blancs et s’était converti au christianisme lors de ses études d’ophtalmologie à Ouagadougou. On peut penser aussi qu’en invitant ainsi les missionnaires, il s’arrangeait pour que l’implantation de la Mission se passe dans de bonnes conditions. De fait il y eût peu de travaux forcés à Saponé, la population étant protégée par les Naaba. La Mission, en retour, était très bien accueillie au village.

 

Ce sont tout d’abord des catéchistes qui se sont installés, près de la maison du chef. Il n’y avait alors aucun baptisé à Saponé. Un puit a été construit en 1935. La maison des prêtres a été construite en 1938 (avec l’aide s’un couple généreux, aime à nous préciser le prêtre actuel). Les premiers baptêmes ont eu lieu en 1939, dans la première église de Saponé, à Tanghin, à 3 kilomètres de Karkuidighin. A la mort du Naaba ZIIBO, en 1940, son fils qui accédait au pouvoir, le Naaba GOGHO, demanda à ce que les Pères Blancs soient près de lui. Ainsi la première pierre de l’église de Karkuidighin est posée le 21 décembre 1941, avec le Père METAYER, nommé provisoirement à Saponé. La première messe de Noël est célébrée à ciel ouvert. Le Père METAYER est nommé définitivement le 1er janvier 1942.   Le 23 janvier 1942, la paroisse de Saponé fut fondée par décret épiscopal. La Mission catholique accueille les filles qui fuient le mariage arrangé en 1952, construit la première école de Saponé en 1952, et le premier dispensaire en 1957. Les Pères Blancs, le Père METAYER, le Père BOUCHER, le Père BELOT (un militaire), se succèdent jusqu’au premier Père africain, André Jules BONKOUNGOU, en 1958. En 1960, lors de l’indépendance, les Pères Blancs quittent définitivement le Burkina Faso, et dès lors l’Eglise bukinabé devient moins entreprenante, faute de moyens. Mais l’Eglise et la Mission catholique continuent à jouer un rôle très important à Saponé.

 

La paroisse de Saponé, centrée à Karkuidighin, s’ étend sur plusieurs départements. D’une étendue de 55 km sur 95 km, pour 1871 km², c’est l’une des plus grandes du pays. La paroisse compte plus de 30 000 baptisés (30 573 en avril 2001), soit environ un quart de la population du territoire défini (111 335 habitants selon le recensement de 1996). Le Père Ambroise COMPAORE est aujourd’hui secondé par deux autres prêtres, plus 3 autres supplémentaires pour les baptêmes, Pâques et Noël, et les sœurs de la Mission catholique.

 

La messe se fait en mooré, tous les dimanches à 8h30. Une messe en français avait lieu tous les samedi soirs à 18h jusqu’à ces dernières années, mais le groupe électrogène est tombé en panne. Comme cela se fait toujours au Burkina Faso, les hommes se mettent à droite de l’église, les femmes à gauche, cela même en dehors de l’église, quand celle-ci est pleine (notamment lors des fêtes de Pâques et de Noël). Un orchestre et une chorale accompagnent la cérémonie.

 

(propos recueillis auprès du Père Ambroise COMPAORE, prêtre de Saponé)

Source : www.claj.infini.fr



28/04/2011
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