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Journée internationale de la femme : « A l’heure actuelle, le 08 mars au Burkina Faso, ce sont les pagnes, les djandjobas »

Chaque année au Burkina Faso un pagne est choisi pour la célébration de la journée internationale de la femme. Cette année, la tradition a encore été respectée. Sur le pagne, le thème autour duquel les échanges porteront y est illustré. Le prix du pagne se négocie entre 6 000 F CFA et 8 000 F CFA en fonction des lieux de vente. Nous avons rencontré des vendeurs et des clients qui nous ont fait part de leurs opinions sur le sujet.

 

Mme KAGAMBEGA, vendeuse de pagnes à la cité an 3 :

« Nous avons pris beaucoup de pagnes cette année car l’année passée les pagnes se sont vendus comme de petits pains. Cette année malheureusement, les pagnes ne s’achètent pas. Nous pouvons rester jusqu’à la mi-journée sans vendre ne serait ce que trois pagnes. Tout le monde se plaint de la cherté de la vie et du manque d’argent. Au 04 mars 2013, nous ne sommes même pas au tiers de nos ventes des années précédentes. »

 

Issa KAFANDO, vendeur de pagnes à la cité an 3 :

« Les clientes disent n’avoir pas d’argent car la vie est chère et elles ont beaucoup d’obligations. Nous pouvons passer toute la journée et vendre tout au plus six pagnes. Franchement, ça ne marche pas du tout. »

 

Mme ILBOUDO, vendeuse de pagnes au marché de Baskuy : « Cette année, les pagnes ne s’achètent pas du tout. A part les femmes du marché, j’ai l’impression que les autres femmes n’en achètent pas. Je les comprends car la vie est chère. Vu que ce sont les derniers jours avant la journée internationale de la femme, j’espère que beaucoup de femmes viendront en acheter. »

 

Jean KABRE, enseignant : « Je n’ai pas acheté de pagnes pour mon épouse car je n’en vois pas l’utilité. Je crois que l’on devrait plutôt sensibiliser les populations sur les droits des femmes, mener des réflexions pour améliorer la vie des femmes sur tous les plans. La lutte pour l’émancipation de la femme est un combat quotidien. On doit travailler à changer les mentalités des populations. Attendre chaque 08 mars pour accorder une tribune à la Femme, pour moi c’est peu. »

 

Assétou FOFANA, agent de banque : « Je déplore le fait que le caractère festif ait pris le pas sur le sens même de la commémoration de la journée internationale de la femme. Beaucoup de femmes et d’hommes ignorent la signification du 08 mars. Je crois que l’Etat devrait revoir tout ça. Au lieu de mettre autant d’argent dans la confection des pagnes, dans l’organisation des festivités y relatives, on pourrait utiliser cet argent pour former des gens qui à leur tour feront la promotion des droits de la femme auprès des populations. A l’heure actuelle, le 08 mars au Burkina Faso, ce sont les pagnes, les djandjobas. »

 

Alima COMPAORE, vendeuse de fruits et légumes au marché de Baskuy : « J’ai acheté mes trois pagnes du 08 mars il y a trois semaines environ. Je les ai achetés car avec mes copines du marché il est prévu qu’on aille danser. Nous allons beaucoup nous amuser. Nous allons faire la fête car nous ne voulons pas nous laisser conter. »

 

Adjaratou SIMPORE, vendeuse de fruits et légumes à la ZAD : « J’ai acheté les pagnes pour coudre pour le 08 mars. Nous sommes un groupe de femmes. Nous allons sortir ensemble et nous amuser. Ce n’est pas tous les jours qu’on fête le 08 mars. Alors, nous ne serons pas en reste. »

 

Propos recueillis par Patindé Amandine KONDITAMDE

Source: Lefaso.net



07/03/2013

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