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IXe symposium de granite de Laongo : Le site a encore changé de physionomie

IXe symposium de granite de Laongo : Le site a encore changé de physionomie

Le neuvième symposium de sculpture sur granite tire vers sa fin. Déjà sur le site de Tambi-Yargo, quelques pierres ont changé de physionomie en épousant des formes que leur ont données les artistes. Leurs inspirations, leur détermination, et leurs savoir-faire en la matière ont eu raison de l’aspect rupestre de la pierre dans sa nature.

Plus qu’une semaine pour la clôture du symposium, et sur le site, les choses avancent, certains sculpteurs sont à l’étape de polissage, d’autres abordent les dernières retouches de finition. Malgré l’adversité du temps (le vent chaud et sec, la poussière et le soleil), des hommes et des femmes s’échinent à laisser coûte que coûte, leurs empreintes sur ces morceaux de roches granitiques.

Les bruits des compresseurs et des disqueuses mécaniques continuent de fendre l’air dans cet environnement caractérisé par des fleurons de blocs granitiques au milieu de cette nature apparemment hostile de par la pauvreté de sa végétation. Au bout du compte, c’est un site de Tambi-Yargo qui va être habillé de nouvelles sculptures et continuer à émerveiller les visiteurs.

Dans une ambiance familiale, les artistes sculpteurs s’activent et affirment qu’ils vont respecter le calendrier de ce neuvième symposium, malgré des difficultés matérielles que quelques-uns ont évoquées. L’artiste-plasticien Ayeva, du Togo, participant à ce neuvième symposium, affirme être venu mettre sa signature sur une des pierres de Laongo.

Il a réalisé une chouette pour faire allusion à tout ce qui est beau, et que dans le jargon populaire, l’on qualifie de "chouette". "Le hasard a fait que j’ai été le premier à commencer la réalisation de mon œuvre sur ce site. J’ai voulu à travers ce chef-d’oeuvre annoncer l’éclosion des œuvres d’art sur le site, à travers ce qualificatif chouette.

C’est pourquoi l’œuvre présente la forme d’une mère chouette sur ses œufs en éclosion, avec une petite chouette qui est sur le point de sortir de la coquille. C’est avant tout, ma modeste contribution à ce neuvième symposium", a dit Ayeva. Il a cependant déploré le manque de matériel plus adapté, permettant aux artistes de faire du bon boulot.

Sylvain Yerbanga, sculpteur burkinabè, très décontracté malgré la chaleur et la fatigue, a aussi qualifié l’ambiance de bonne depuis le lancement du symposium. "C’est pour cela qu’il y a toujours de la motivation chez certains d’entre nous malgré l’adversité du temps. J’ai réalisé une œuvre biface, a moitié éléphant moitié lion pour symboliser le pouvoir et la force", a révélé l’artiste.

Quand à Romain Nikièma, également sculpteur burkinabè, il a été surtout inspiré par la Journée internationale de la femme qui va être célébrée le 8 mars prochain à Koudougou. Il a sculpté une tête de femme en position couchée, observant le ciel.

Inspiré aussi par les contrastes, le sculpteur français d’origine martiniquaise, Alex Labejof qui est à son premier séjour au Burkina Faso, a apprécié la bonne ambiance de travail sur le site. Il a depuis longtemps rêvé de venir voir ce qui se passe à Laongo, et affirme être à son trentième symposium de sculpture et partout, dans le monde. "Je suis en train de travailler sur une idée personnelle, à savoir qu’il faut nécessairement des différences pour que se crée l’harmonie.

Ce sont des contrastes de matériaux (pierre et métal) des contrastes de pleins et de vides, des contrastes de textures, de couleurs, d’ombres et de lumières, tout cela pour révéler les différences et dire que pour être en harmonie, il faut nécessairement des différences", a fait remarquer l’artiste.

Déplorant les quelques ennuis mécaniques du matériel de travail sur le terrain, et la chaleur accablante, il a souhaité que chaque sculpteur invité puisse laisser sur ces pierres une empreinte forte qui va rester dans les mémoires. La jeune artiste turque, Ayla Turan, est une admiratrice du "Djembé", instrument de musique traditionnel en Afrique.

Pour elle, cet instrument est un moyen de communication et de réjouissances populaires. Elle a ainsi matérialisé sur un bloc de granite, cinq têtes de cet instrument musical, afin de montrer son importance dans les sociétés africaines.

Présent à ce symposium, l’artiste-sculpteur ghanéen, Ray Agbo, a aussi apprécié le déroulement de cet événement culturel. Il a qualifié l’ambiance sur le site de confraternelle depuis les premiers jours, et cette ambiance a permis de faire avancer les travaux, selon lui.

Mon œuvre est intitulé "Le lotus de la renaissance" , un thème qui fait allusion à l’événement et aux initiateurs de ce symposium par leur esprit d’ouverture. Il ne se déroule nulle part en Afrique et regorge de plus en plus d’œuvres de plusieurs artistes venus de partout dans le monde", a souligné l’artiste. Pour lui, le lotus est une fleur qui s’épanouit et embellit l’environnement.

Il la compare à la maturité des artistes et à l’évolution culturelle du site de Laongo, qui continue de s’enrichir de nouvelles créations pour le bonheur des générations futures, et surtout pour l’attrait des visiteurs.



04/03/2010
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