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Smarty, artiste-musicien, lauréat du prix découvertes Rfi 2013 : « Ma reconnaissance va au peuple burkinabè »

Avec son tout-premier album “Afrikan Kouleurs”, il vient d’inscrire la musique burkinabè au palmarès d’un des plus prestigieux prix du monde : Prix découvertes RFI. Dans cet entretien, l’ex-membre du groupe Yeleen, Smarty (Salif Louis Kiékiéta à l’état civil) parle des retombées de sa victoire et des perspectives d’une carrière internationale…

 

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Sidwaya (S.) : Tu es le lauréat 2013 du Prix découvertes RFI. Comment vis-tu cette consécration ?

Smarty (S.) : Je suis très heureux. C’est le rêve de tout artiste africain. Tout le monde veut passer par là parce qu’on sait la portée de ce prix de RFI. Il y a des aînés qui ont remporté ce prix tels que Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam, Didier Awadi, Rokia Traoré et un Burkinabè, avant moi, à savoir Abdoulaye Cissé. Au regard de l’impact positif du prix sur leur carrière, je ne peux qu‘être heureux et aspirer à des lendemains meilleurs. Je ne m’attendais pas à cela. C’est presqu’un rêve qui s’accomplit. Avec Yeleen, nous avons postulé pratiquement avec tous nos albums, mais nous ne sommes jamais arrivés en finale. Le destin a fait qu’aujourd’hui avec AfriKan Kouleurs, ça a marché.

 

S. : Qu’est-ce qui a séduit le jury ?

S. : Avant moi, au niveau du rap, il y a eu Didier Awadi qui a remporté le prix RFI. En toute humilité, je pense que la différence a été au niveau de la musique que nous avons proposée. Parce qu’à la sortie de l’album en novembre passé, le défi était d’utiliser nos instruments traditionnels et de les mettre en valeur de sorte à ce qu’ils puissent être en concurrence avec les instruments modernes. Nous sommes à une époque où tout le monde utilise l’électronique. C’est vraiment la musique électro qui domine le monde. Nous sommes arrivés avec notre projet d’utiliser nos instruments traditionnels comme ceux modernes. On y est arrivé. Nous avons proposé un album qui a été positivement accueilli. Nous avons gardé la foi malgré les difficultés. Je pense que Dieu nous permet de pouvoir continuer dans un esprit positif.

 

S. : Tu as été accusé d’être à la base de la dislocation du groupe Yeleen. Tu t’es même senti détesté. Comment analyses-tu tes 7 000 votes sur les 18 000 enregistrés par le prix ?

S. : J’étais déjà heureux quand je sortais l’album en novembre. Nous avons présenté à Bobo-Dioulasso l’album au Théâtre de l’Amitié, j’ai vu comment les gens se sont déplacés dans la salle. Après, nous sommes venus au SIAO et on a fait le plein. Je me sentais encouragé. Avec ce prix RFI, je dirai que c’est la fibre patriotique qui a beaucoup joué. Les gens se sont sentis concernés et ils se sont dit qu’il faut porter au sommet, la culture du Burkina Faso au-delà de Smarty. Les mélomanes avaient la possibilité de voter qu’une seule fois. C’est énorme. Nous étions 12 candidats et sur 18 000 votants au total, j’ai obtenu 7000 voix. Je ne peux que dire merci au Burkina Faso.

 

S. : Tes détracteurs disent que tu as reçu un coup de pouce de Asalfo, leader du groupe Magic System, qui était le président du Prix découvertes RFI 2013.Réaction ?

S. : Je ne peux pas nier ma relation avec Salif, car cela n’a pas commencé avec moi, mais plutôt avec Yeleen. Nous avons des rapports de petit frère et de grand frère. Dans la vie, tout est question de destin. Si j’avais présenté un album de mauvaise qualité, malgré toute la volonté de Salif, il ne saurait pas me défendre devant le jury. Ils étaient 12 jurés .Chacun a reçu toutes les œuvres et les a écoutées. C’était à la délibération qu’ils se sont vus. Sur les douze membres du jury, huit étaient en ma faveur en plus des 7000 voix. Cela n’a rien avec mes liens avec Salif. Je prends l’exemple d’Awadi lorsqu’il remportait le prix RFI, c’est Youssou N’dour qui était président du jury. Cela ne veut pas dire que c’est parce que Youssou N’dour était président que Awadi a gagné. Je ne mets pas en mal la crédibilité du jury, car il a fait son travail.

 

S. : En plus des tournées et la promotion sur la radio RFI, que gagnes-tu ?

S. : Le prix RFI, financièrement c’est 10 000 euros (6 550 000 francs CFA). Les tournées sont prévues dans tous les Instituts français en Afrique, puis ce sera les festivals en Europe. Six membres de jury étaient des directeurs de festival en France. Il y a aussi des contacts qui se nouent avec des maisons de disque, des éditeurs.

 

S. : As-tu reçu les félicitations de Mawndoé ?

S. : il m’a appelé le vendredi 25 octobre dernier. On s’est parlé, il a exprimé sa joie. Le destin a fait qu’aujourd’hui, nous sommes sur différentes carrières. Nous avons toujours souhaité le bonheur de chacun. J’ai été heureux de l’entendre.

 

S. : Est-ce des signes d’une renaissance du groupe Yeleen ?

S. : Je laisse faire le destin. Si Dieu a voulu que les choses se passent ainsi, il faut l’accepter et prendre de la hauteur. Après, si Dieu décide qu’on va reprendre, on le fera.

 

S. : Avec une carrière internationale qui s’annonce, souhaites-tu réellement une reconstitution de Yeleen ?

S. : Aujourd’hui, gagner le prix RFI, c’est un peu comme s’engager avec le staff de RFI qui est en train de planifier des dates pour moi. Cela va me permettre d’entrer véritablement dans le circuit professionnel. Je ne peux pas confondre deux projets. Je vais me concentrer pour le moment sur l’opportunité qui m’a été donnée aujourd’hui de pouvoir explorer la musique et laisser faire le destin. C’est une chance que Dieu puisse poser son regard sur moi.

 

S. : Tu parlais tantôt d’engagement avec le staff de RFI, que deviendra ton équipe managériale nationale ?

S. : Quand tu es lauréat du prix RFI, il y a déjà une équipe en France qui s’occupe de toi. C’est un défi pour eux, car ils ne veulent pas qu’on leur reproche d’avoir fait un mauvais choix. Ils s’occupent des programmations, ils écrivent un plan de carrière pour toi, prodiguent des conseils dans les choix par rapport aux propositions. Je rentre dans un milieu que je ne connais pas, car c’est un milieu qui ne pardonne pas. J’ai donc intérêt à faire attention. Je bénéficierai des conseils de tout le staff mis en place par RFI.

 

S. : Si tu as un mot de reconnaissance, à qui sera-t-il adressé ?

S. : Ma reconnaissance va au peuple burkinabè en premier, ensuite aux hommes des médias surtout ceux qui, malgré les difficultés, n’ont cessé de me soutenir.

Alassane KERE Jude SOME (Stagiaire)

 

Source: le faso.net



31/10/2013
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