INFORMATION, CULTURE, DICTION, VALEURE MORALE AFRICAINE

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Et si les femmes n’empruntaient pas les tricycles ?

Ils sont pointé du doigt, les taxis moto au Burkina faso,ils perturbent la circulation. Ils provoquent des accidents à n’en pas finir se plaint nombre de gens. Quelque fois très graves, voire même mortels. Malgré les nombreuses sorties des forces de sécurité, notamment la police municipale, pour interpeller sur les règles de bonne conduite de circulation et sensibiliser du même coup sur les risques d’accidents, ils continuent tout tranquillement à circuler comme ils veulent dans la ville de Bobo-Dioulasso. Sans se faire de souci.

 

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Eux, ce sont bien entendu les tricycles communément appelés taxis-motos. Le phénomène, est-on tenté de dire, s’amplifie et si l’on n’y prend garde, il pourrait entraîner d’énormes pertes matérielles et coûter de nombreuses vies surtout au sein de la gent féminine. La force et l’accentuation de l’activité des taxis-motos, à bien y voir, gagnent du terrain grâce aux femmes dans la ville de Sya. Puisque, c’est en grande majorité la gent féminine qui constitue le plus grand nombre de clients de ces engins dangereux.

 

Pour peu qu’on leur annonce un baptême, un mariage, bref…, une rencontre quelconque, ou même encore pour le marché, des femmes n’ont d’autres moyens de transport que les taxis-motos. Qu’elles empruntent au coût de 100 FCFA la distance. Assises parfois près du conducteur, elles jouent au « convoyeur » pour certaines, avec tous les risques qu’elles peuvent encourir. D’autres vont jusqu’à s’y installer avec leurs nourrissons et n’hésitent pas à lui donner « à téter » lorsque ce dernier (le bébé) en manifeste le besoin. C’est véritablement un spectacle désolant et triste auquel l’on assiste tous les jours à Bobo-Dioulasso.

 

Du grand-marché à celui des fruits et des légumes, en passant par les quartiers, il n’y a que des femmes qui remplissent à tout moment les tricycles. Elles vont sans doute justifier le choix de ces engins par une question d’économie. Encore ces justificatifs infondés, liés à la pauvreté. A bien y voir, ce sont donc les femmes qui font les tricycles qui à leur tour font des malheureux à longueur de journées. En témoigne la mort d’un bébé de moins d’un mois dans un taxi-moto suite à une chute. Ainsi pour 100 FCFA, on fait ôter la vie à un innocent. En effet, combien sont-elles à perdre la vie à cause des tricycles ?

 

Et si les femmes n’empruntaient pas ces engins ? Et si elles réalisaient enfin que les 100 FCFA sont insignifiants pour recouvrer la santé après un accident ? Et si elles prenaient enfin conscience qu’emprunter ces engins est même un comportement dévalorisant ? Autant de questions sur lesquelles les associations de femmes devraient se pencher pour trouver une solution palliative.

 

A notre avis, ces associations ou collectifs de femmes pourraient organiser des sessions de formations et de sensibilisation au profit des femmes accros aux taxis-motos. Elles doivent s’activer aux côtés de la police municipale dans des actions de prise de conscience. C’est aussi une façon de contribuer au civisme tant recherché par les autorités. Ainsi, au lieu qu’elles se contentent seulement de rassembler de l’argent, des pagnes ou encore des assiettes au sein des tontines, ou encore coudre des uniformes juste pour des cérémonies, elles trouveront par là un autre rôle tout aussi important à jouer si ce n’est plus.

 

Bassératou KINDO
Source: L’Express du Faso



17/01/2014

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